29 mai 2009
Les vampires de Manhattan / Sang-Bleu by Melissa de la Cruz
Un fois n'est pas coutume, si on parlait de roman jeunesse ?
Je vous propose aujourd'hui le Gossip Girl Vampirique, j'ai nommé Les vampires de Manhattan.
Effectivement si on y regarde de plus près la couverture est tapageuse et le résumé assez cliché, cependant, un détail m'a attiré, la collection : Wiz chez Albin Michel était ma collection préférée étant ado (grâce à l'inoubliable Quadrille des Assassins de l'excellent Hervé Jubert, entre autres réjouissances).
Je me suis laissée tenter par le premier tome, et, prise au jeu, par le second que je n'ai pas terminé de lire à l'heure actuelle.
La surprise est plutôt bonne.
Bien sûr il ne faut pas s'attendre à de la littérature de haute volée. Il s'agit de la pure chick-lit adaptée aux codes vampiriques.
Si le premier faisait état d'un alibi pseudo-historique (les vampires auraient débarqué en amérique du nord sur le Mayflower et une colonie entière aurait été décimée sans qu'on sache comment ni pourquoi, le seul indice restant l'inscription "Croatan" retrouvée sur place), le second assume totalement son côté un brin superficiel.
Il s'agit avant tout d'une guerre sociale à l'intérieur d'une communauté vampirique (les sociolites de l'upper east side, en l'occurence), la métaphore vampirique colle parfaitement à ce petit monde, bien évidemment. Mais la surprise est ailleurs : la mythologie instaurée fait état de cycles pour les vampires ayant chacun une âme soeur. A chaque renaissance ils doivent retrouver leur jumeau-vampire qui a pu changer d'apparence, de nom, de localisation...
C'est ainsi que lors d'un nouveau cycle, un couple phare dans le monde vampirique est né sous forme de jumeaux humains. Ce qui créé une sorte de relation ambigüe mi-fraternelle mi-amoureuse rendant beaucoup plus profond le personnage de l'apparente méchante.
Le fait d'avoir des familliers humains aidant les vampires dans leur transformation (au bout de 15 à 16 années humaines leur adn se modifie) est un atout de plus. On passe outre la bonne vieille obsession pour le sang et les règles instaurées semblent assez réalistes.
Tout n'est pas tout rose puisqu'un jour, ce joli monde est secoué par la mort d'une des sang-bleu (vampires, donc), chose inimaginable signifiant le retour de leurs prédateurs... les sang-d'argent.
Le bémol que j'assénerai à cette série (le tome trois va sortir very soon) serait le risque de pencher dans la religion et l'extase à deux balles. En effet, l'intrigue glisse peu à peu vers des histoires d'anges et de démons, de paradis et d'enfer, et on aimerait bien laisser ça à Anne Rice.
Juste à Anne Rice (et qu'elle s'étouffe avec, si possible).
21 janvier 2009
Sur les traces de Dracula / Bram Stoker - Séra & Yves H.
Oui je ne parlerai que de celui-ci, parce qu'à mon avis, sur la trilogie, c'est le seul vraiment bon.
Quelle trilogie ?
Celle des Bandes dessinées sur Dracula parues chez Casterman (13€).
Le premier Tome raconte le vie de Vlad l'Empaleur -que vous connaissez déjà par cœur si vous êtes tombés là les enfants-, le dernier Transylvania est centré sur la Roumanie actuelle... et n'apporte rien au Schmilblick.
Le dessinateur change à chaque album et ce n'est pas une réussite alors...
...je ne vous parlerai donc que du tome II.
Il a le mérite de s'attacher à l'auteur derrière le best-seller. La vraie victime de Dracula.
A la manière du Docteur Frankenstein, Stoker s'est laissé débordé par son oeuvre. Conscient d'avoir produit un chef-d'oeuvre à bien des égards trop réaliste, l'écrivain sombrera dans une folie paranoïaque.
Tout le monde oubliera ces deux mots au dessus de "Dracula" ; Bram & Stoker.
J'ai remarqué que personne ne sait trop comment orthographier ce nom singulier... et bien peut-être qu'en lisant cette B-D (et je dis bien LIRE), vous retiendrez à jamais ces 7 consonnes et 3 voyelles.
Attention cependant aux yeux fainéants, il y a beaucoup à déchiffrer. Autant dans le graphisme très inspiré des collages et de la gravure, que dans le texte, très élaboré.
Et à la fin de ces quelques pages en papier glacé, vous pourrez enfin vous dire que vous détenez la vérité sur Dracula...
...enfin, sur le livre.
20 janvier 2009
Riverdream - George R. R. Martin
C'est l'histoire des vapeurs sur le Mississippi et du sud-est des Etats-Unis.
C'est l'histoire d'un affreux Captain Igloo, qui prend conscience d'ô combien il est laid quand son bateau est racheté par le beau Joshua York.
Un roman vampirique court mais pas trop.
Un roman vampirique original (fluvial, dirigé par un binôme non homosexuel où il n'est jamais question de transformation de l'autre, et faisant part de familles vampiriques où chaque membre n'est pas un bloc de marbre noir ou blanc).
Un roman vampirique bien écrit (par l'auteur de la douzaine de Trône de fer, anyone ?).
Même les V-lecteurs les plus fervents seront désarmés par les retournements de situations... que l'on croit attendus mais qui sont bien plus pervers.
L'écriture est à l'image du récit, et ça fait du bien. Ne vous attendez pas à du grandiloquent, à du romantique mélo. Il s'agit juste d'un vrai, -bon, maîtrisé de bout en bout- roman fantastique. Avec des vampires (parfois très très méchant, alors petites natures s'abstenir, on retrouve la cruauté d'un Dan Simmons chez ces vampires de Louisianne, plus que des turpitudes Anne Riciennes).
02 septembre 2008
La nuit je suis Buffy Summers - Chloé Delaume
Chloé Delaume est une jeune auteure plutôt à rebrousse-poil aux habitudes littéraires atypiques.
Eprouvant la plupart de ses livres avant de les écrire elle a par exemple pendant 22 mois vécu devant son poste télé sans s'en décrocher. De cette expérience est tiré "J'habite dans la télévision" (août 2006 chez Verticales), ce que je me demande c'est si "La nuit je suis Buffy Summers" n'est pas également une retombée de ce projet.
Reprenant le concept du Livre dont on est le héros, vous devez lire le prologue qui déterminera où vous vous rendrez dans le livre.
L'histoire est simple et se base sur l'épisode de la série : "A la dérive" titre très mal traduit d'après la version originale "Normal Again". Le scénario de cet épisode (le 17ème de la saison 6, le 117ème de la série) a été écrit par Diego Guttieriez et raconte une réalité alternative des aventures de la tueuse de vampires. Celle-ci se réveille dans un hôpital psychiatrique en proie à de nombreux questionnements : et si tout n'avez été qu'une gigantesque hallucination ?
Elle retrouve ses parents et la situation initiale de son histoire c'est à dire avant même le film (Buffy, Tueuse de vampire de Fran Rubel Kuzui et Joss Whedon) ; ses parents sont ensembles, vivants et elle est fille unique.
L'un des épisodes les plus remuants de la série, osant remettre en question toute sa mythologie et ayant fait cogité plus d'un buffy-addict en somme. Une véritable source d'inspiration en béton pour un livre d'expérimentation littéraire sur les thèmes de la folie, de la pop culture et du destin.
Dans ce livre on retrouve pourtant la plupart des personnages entourant l'héroïne (Willow, Xander et consorts) ce qui mélange les deux réalités de l'épisode de base.
Enfin quelque chose de sérieux (car le projet l'est, même si l'humour est omniprésent dans le récit) tiré du Buffyverse, un livre qui va plus loin que le simple fanfic et qui offre à Buffy ses Lettres. Livre qui se fait malheureusement rare donc si vous en avez l'occasion : sautez dessus. Si vous n'êtes pas bon lecteur le côté largement ludique comblera vos attentes.
17 novembre 2007
Manuel du Chasseur de vampires - Constantine Gregory
C'est beau, c'est bien fait, c'est un pure objet de décoration que tu hésites à acheter mais que tu finis par embarquer quand même parce que faut l'avouer, les vampires c'est ton dada.
Lourd, compact, il a l'apparence d'un grimoire de poche où seul fait tâche le code barre.
La quatrième de couverture plonge le curieux dans l'univers "on s'y croit à donf" en disant :
"Si ce modeste ouvrage a attiré votre attention, cher lecteur, c'est que l'image du vampire hante votre esprit ou que, comme moi-même, vous consacrez votre vie à détruire ces effroyables créatures."
On joue sur le double tranchant du "bouh les vampires c'est le mal" et en même temps on sait très bien qui est visé par le marketing du Pré aux Clercs : les jeunes ados passionnés d'ésotérisme.
Le manuscrit est annoté ce qui permet à l'auteur de faire des actualisations sur les vieux écrits rassemblés dans le grimoire, les pages sont faussement tâchées comme si le manuel était fréquemment utilisé (on y discerne même dès les pages de titre des traces de sang...).
Le sommaire se montre un peu plus sérieux, c'est bien de vampirologie (light, certes) dont on va nous entretenir commençant par "les vampires existent-ils ?" finissant par le chapitre "tuer un vampire".
Il est à noter que selon le livre les bastions du vampirisme seraient Highgate (cimetière de londres), La Nouvelle-Orléans (merci Anne Rice et la cutlure voodoo), la Transylvanie (no comment), mais encore Santorin (île des cyclades grecques où personnellement je n'ai croisé que des croisiéristes) ou Whitby (endroit où serait arrivé le comte Dracula en Angleterre selon Stoker, ville faisant depuis commerce de tout ce raffut, musée vampirique, musée de cire sur dracula etc...)
La bibliographie est une véritable mine d'infos, il vaut mieux être bilingue car peu d'ouvrages sont traduits en français, mais avec les oeuvres conseillées on a de quoi tenir tout l'hiver.
Quelques sociétés plus ou moins secrétes voient leurs adresses citées, des sites web également mais aussi des magasins à l'esprit gothique.
Les illustrations sont d'une grande qualité, la maquette est soignée à tel point qu'on a envie de dormir avec la nuit, l'humour est pertinent et le tout sacrément bien renseigné. Même si la plupart des informations sont historiques et donc déformées de la surnaturalité.
Non, vous n'aurez pas de réponse précise en sortant de la lecture, mais vous aurez appris des choses, notamment la recette de l'eau bénite, et ça, c'est cool.
05 novembre 2007
Dossier Anita Blake - Part I "plaisirs coupables"
C'est bien connu, je lis tout, et parfois n'importe quoi.
Quand j'ai décidé d'ouvrir ce blog j'ai balancé mes oeillères et je pensais ne plus avoir d'apriori en matière de culture V.
Sauf que. Ce doit être dans la nature humaine, et la miss Laurel K. Hamilton, je la connaissais surtout pour le côté très hot de ses dérivations scripturales. Mais, apparement, au début de sa carrière, elle était très sage. Voire trop sage.
Guilty pleasures, est un exemple de roman vampirique pour jeune fille modèle de la middle class américaine. Je ne parle pas des upper east side girls, mais plutôt de cette amérique puritaine type "ptite maison dans la prairie" qui ici aurait fait un bébé à Buffy dans ses épisodes les plus mièvres.
L'histoire est celle d'une chasseuse de vampire, Anita Blake, qui en a déjà vu des vertes et des pas mûres, elle a une petite vingtaine d'année et plusieurs combats mortels derrière elle.
Elle aime les pingouins, ses copines, les jolis garçons et réanime les morts professionellement. Dans une amérique où les vampires cotoient les hommes, où les zombies sont monnaie courante et où la loi est plus que floue concernant la protection des morts-vivants.
Plusieurs meurtres de maîtres vampires (vieux de la vieille ayant développé des superpouvoirs) ont eu lieu en ville et c'est la grande dictatrice du peuple des ténèbres décide que ce sera à Anita de mener l'enquête.
C'est du Hamilton, donc les personnages masculins principaux sont tous des dieux grecs (légèrement pas très très virils dans l'imaginaire collectif mais passons), avec des noms bigarrés qui font exotiques aux US mais bidochons en France (le fameux Jean-Claude, dom juan vampirique de service).
[Jean-Claude & Anita,
cette dernière ne pouvant croiser son regard sans tomber en son emprise,
image tirée du comic]
Il y a un style, je n'irais pas jusqu'à dire du style, mais on discerne un réel potentiel dans ce premier épisode de la saga. Cette impression n'est pas démentie par le succès américain des romans qui sont publiés depuis plus d'une décennie. Chez nous, pas la même chanson, la vague ésothérique qui a porté les éditions fleuve noir s'est quelque peu écrasée molement depuis la déprogrammation des séries phares comme Buffy ou Angel. Les romans d'Hamilton traduits en nos contrées aussi.
Si bien que la bataille pour les droits fait moins rage et qu'on édite plus aussi promptement chaque nouveau titre, les fans se battent pour obtenir quelconque communication sur le sujet et obtienne plusieurs versions contradictoires : vive l'édition française.
Rentable pourtant, mais ne correspondant plus à la politique éditoriale des éditions se recentrant sur des collections pour teenage branchouille, les premiers opus ne sont pas tous réédités. Quelques rumeurs d'adaptation en série TV relanceront sans doute le processus. En attendant les fans se consolent en apprenant l'anglais et en dévorant les comics issus des bouquins.
En résumé : Une saga définitivement féminine, un peu trop sage dans le premier tome mais qui se lâche sa mère dans les derniers. Une héroïne prude qui finira par se taper tout le gratin surnaturel de sa ville. Un catalogue de clichés sur le vaudou et les sciences occultes, du puritanisme aussi étouffant que l'air de Saint-Louis. Je n'ai pas accroché avec l'héroïne, ce qui pose un réel problème pour suivre toutes ses aventures, mais si jamais elle vous séduit vous allez devenir accro.
Ca ne révolutionera pas la V-littérature mais ça a le mérite d'exister (et de me rappeler que pendant mes années collége/lycée j'avais quasiment écrit la même chose en six tomes, et que non, définitivement, faudra que ça reste dans les tiroirs.)
Pour prolonger vos recherches ou partager vos émois : une communauté très bien construite autour du personnage mais pas seulement.
16 octobre 2007
L'échiquier du mal (Tome 1) - Dan Simmons
Aujourd'hui LE livre vampirique DU Dan qui sait écrire.
Un pavé dans la mare. On ne peut décemment par dire autre chose. Un séisme inclassable piochant dans l'histoire contemporaine, les classiques de la S-F et le roman psychologique.
Un style d'une force incroyable, didactique, et concis. Des bonds de situations qui n'oublient pas le lecteur en route et... des nouveaux vampires particulièrement angoissant.
Bon, je ne vous cache rien : c'est du Simmons. Alors il faut un temps non négligeable pour rentrer dans l'univers.
Et aussi pouvoir prendre au sérieux sa devise de "La Shoah c'est rien que la faute des vampires".
Si l'intrigue entrelace les présentations des figures principales, elle met du temps à s'installer : MAIS pas besoin d'être un fervent de la science fiction. Les personnages n'ont rien d'extra-terrestres, en fait ce sont des américains basiques ; le vieux juif usé par son passé qu'il tient secret, la jeune black qui essaye de s'en sortir par les études, le policier rondouillard mais avec un bon fond...
Les vampires en question, par contre, sont des psychopathes très très psycho : ils entrent dans le cerveau des humains qu'ils utilisent comme leurs pions pour jouer les uns avec les autres une partie d'échec macabre.
On retrouve quelques traits classiques chez ces vamp :
La longévité : On traverse en effet les époques et tout le XXème siècle, La discrétion : ils se cachent et dissimulent habilement leurs identités, Le sadisme : ils jouent à celui qui commettra le plus beau meurtre, des terroristes récompensés par un système de points distribués lors de réunions sollennelles des principaux protagonistes.
C'est le retour du vampire froid, effrayant, de ses débuts. Rien ne peut détruire ces être, à part, bien sûr, eux mêmes. Presques dieux puisque marionettistes de l'Humanité il fait également des affaires avec elle : ces Vampires sont tout autour de nous mais principalement dans les sphères rapportant un max (cinéma, grand bandistisme et... nazisme).
La problèmatique en filigrane est sans doute : qui habite réellement nos corps ?
Lecture plus que conseillée (sachant qu'il existe un tome 2 qui change légérement de ton, d'époque et de personnages centraux ; je lui consacrerai donc certainement un article à part entière).
08 octobre 2007
L'aube écarlate de Lucius Shepard
L'aube écarlate a tout pour mettre en transe un vampirophile aguéri. D'apparence traditionaliste, le roman se révèle être un pétage de câble en régle de l'auteur. Psychédélisme oblige, il égare passablement le lecteur juste avant la conclusion, ce qui gâchera tout son effet.
Du roman vampirique pur, il a tiré des personnages sortis du moule (genre marque déposée, produit calibré : en ne déviant pas des caractères de base du vampire on s'assure un public), de l'érotisme accrocheur (disséminé comme des pages de pub), mais surtout un construction sociale de la communauté vampirique qui aurait mérité un développement.
A part ça, il s'agit résolument d'un roman à énigme que l'auteur a voulu aventureux.
L'action prend place dans un chateau Roumain (quelle audace) lors de la réunion annuelle des grandes familles vampiriques (type mascarade) qui, bien sûr, se foutent sur la gueule dès l'intro.
A retenir des premières pages : La joute verbale entre le héros et une des matriarches, dès le commencement.
[Le héros, Michel Beheim, est un policier français fraîchement accueillit par le peuple des ombres. Sa naïveté, son humanité appellent un peu un Rouletabille sexy ayant croisé la route du Louis Anne Ricien. Ce personnage n'a rien de captivant sauf sa méfiance envers les femmes dont il se sait le jouet.]
Le scénario qui se développe est simple : Le Nectar (sacrifice rituel d'une femme pure aux traits parfaits) tué avant l'heure dans d'atroces conditions.
Tout le monde il est choqué et le sire du héros propose les services de notre flic franchouillard de service. Secondé par une donzelle jamais innocente, il méne l'enquête, fait découvrir les clans et les intrigues, commence à comprendre, se fait duper, se bat en duel, observe des phénomènes étranges, est confronté à l'alchimie pour finalement se perdre dans le fin fond du chateau Banat.
Dès lors, il perd tout : orientation, certitude, sa servante, ainsi que sa santé mentale.
Errance dans le monde glauque des peuplades souterraines dont des générations n'ont jamais vu la lumière du jour.
Puis, la conclusion : peu de réponses et trop de flamboyance en toc.
Ce que ça apporte à la littérature vampirique :
-Une alternative à la S-F traditionnelle dans laquelle s'engouffrent un peu trop facilement les contemporains.
-Une ou deux pistes de vampirologie à creuser (dont l'établissement migratoire de certaines "familles" en orient)
-Un bon divertissement, nutritif mais pas toujours facile à digérer.
A lire comme un polar fantastique pour ceux qui ne sont pas dégoûtés par les digressions relationnelles.
23 février 2007
Carmilla - Sheridan Le fanu
Par où commencer ? Bien sûr, j'aurai pu ouvrir sur du Dracula, j'aurai pu vous balancer un historique vite fait ou me justifier pendant 50 lignes sur le pourquoi du comment de ce blog.
Mais non, on rentre dans le vif du sujet directement avec un des pilliers de la littérature vampirique, le pendant féminin du célébre Comte : Carmilla.
Maintes et maintes fois réutilisée, personne ou presque, n'a pourtant pris le temps de lire le livre d'origine. Incompréhensible puisque pour une fois une oeuvre de ce genre est bien traduite (par le même traducteur que les oeuvres de Lovecraft, Jacques Papy), disponible à un prix des plus modiques (1€50 chez le livre de poche collection Libretti) et posséde une préface des plus instructive lorsqu'on est néophyte (notamment une filmographie thématique très utile).
Que dire de plus pour vous convaincre de le lire avant que je déballe mon blabla ?
Le livre date de 1870 et n'a pourtant pas plus de ride qu'un Dan Simmons.
Aborder le théme de l'homosexualité à l'époque était inimaginable -surtout féminine-, c'est pourquoi on utilise la cape du vampirisme.
Pour les amateurs de pseudonymes aux relans Gothiques, Carmilla posséde de nombreux anagrammes, ce qui est une des clefs de l'ouvrage.
Où le placer dans votre bibliothéque ? Entre Bram Stoker et Mary Shelley. C'est la pleine époque.
Le livre est au format "nouvelle" du XIX siècle et début XXème c'est à dire pas le temps de s'ennuyer, et assez de pages pour éviter la frustration. [Pour tous les fans de Stephan Zweig, vous connaissez la recette, Le Fanu est d'ailleurs un avant-gardiste sur le point de la psychiatrie à l'époque, et hop deux points communs.]
Maintenant que vous êtes convaincus. (SI vous l'êtes !). Nous pouvons procéder à la dissection ;
La plupart d'entre vous connaissent déjà les Héros Anne Ricien, mais savez vous que, par exemple, dans Vittorio, le vampire lorsqu'elle se pose en messagère, responsable seulement de la diffusion d'un manuscrit écrit directement par le héros de son livre, elle rend un hommage évident à Le Fanu. En effet, l'auteur commence ainsi sa narration et se dédouane par la même occasion de toute implication dans le récit : personne ne pourra l'accuser de pervertir la jeunesse.
L'écrivain choisit la méthode du héros naïf et semble nous mener dans une trame de parcours initiatique, Laura, l'héroïne est une sorte de princesse dans sa tour d'ivoire ne connaissant rien du monde qui l'entoure.
Le théme de l'enfermement revient d'ailleurs de manière récurrente dans tout le récit, Laura arrive dans un schloss (utilisé pour chateau), elle ne connait rien de la féminité puisqu'élevée par son père et ne se pose aucunes questions sur ce sujet avant de faire la rencontre de toute une vie.
L'élément perturbateur, désincarnée par Carmilla, arrive par accident. Un accident de caléche dans les montagnes démontées de Silésie (Autriche).
Sapho-Carmilla séduit les environs et entreprend avec Laura une relation dont on laisse toute imagination au lecteur.
Seulement, si les jeunes filles se pâment c'est pour ne plus jamais se relever...
Je vous épargnerai le dénouement ; il faut le resituer dans son époque pour ne pas le déprécier.
Je vous conseille donc ce drôle d'objet d'un autre temps, d'une facilité de lecture surprenante,
pour tout ceux que les millions de page du Bram Stoker's Dracula rebutent.
[Je remercie infiniment Poopoopidoow pour la bannière, qui est bonne]
Pour toute question sur la culture vampirique (quête de conseils ou pure curiosité) adressez là en commentaire et laissez votre adresse email.
H.







